Noël sanglant pour les coptes d'Égypte

09.01.10 - WEB

Les chrétiens d'Orient encore violemment frappés. En Egypte trois personnes se sont livrées aux autorités vendredi 8 janvier : elles sont accusées d'avoir participé à la fusillade qui a coûté la vie à six coptes et un policier mercredi 6 janvier. Le drame s'est produit la veille de Noël chez les chrétiens d'Egypte.

Selon la police, le récent viol d'une fillette par un copte serait à l'origine de cette fusillade. L'évêque de la ville affirme qu'un certain nombre de chrétiens avaient reçu des messages menaçant de "venger" la victime. Il évoque également les incendies de diverses maisons et commerces coptes en "représailles".

Les coptes, qui représentent environ 8% de la population égyptienne, sont régulièrement victimes de violences et de harcèlement. Au début de l'été 2009, la tension est encore montée d'un cran quand en pleine psychose liée à la grippe « porcine », le gouvernement égyptien a fait abattre tous les porcs du pays. Une mesure pourtant annoncée comme inutile par l'Organisation Mondiale de la Santé et vivement critiquée par les coptes, qui possédaient la quasi-totalité des animaux concernés et durent en supporter les conséquences économiques.

Même en temps normal, les coptes se voient régulièrement interdire l'accès aux postes importants dans l'armée, la police et l'administration, et sont sous-représentés dans les différentes formations politiques du pays. Ce qui explique le nombre important de candidats à l'émigration parmi les jeunes de leur communauté.

Des voix se sont levées dans la communauté internationale pour condamner l'attaque du 7 janvier. La France demande au gouvernement égyptien de punir sévèrement les coupables et espère que les tensions entre communautés seront gérées efficacement. De son côté, le Vatican a appelé les chrétiens à rester "unis face à l'oppression".

Sur place, les coptes sont confrontés au silences des autorités. En réaction, des partis d'opposition et associations de défense des droits de l'homme viennent de créer un comité national contre les violences sectaires.

Récemment, plusieurs supposées apparitions de la Vierge Marie au-dessus d'églises du Caire avaient rassemblées par milliers chrétiens et musulmans, unis dans la prière, dépassant les clivages sociaux et religieux. Mais là où les coptes cherchent sans doute une source d'espoir et de protection face aux menaces qui les accablent, ou peut-être justement l'unité avec leurs compatriotes musulmans, certains voient également dans ces "apparitions" le signe de malheurs à venir...

Noël sanglant pour les coptes égyptiens

Au Caire, Tangi Salaün
07/01/2010 | Mise à jour : 22:26 | Commentaires
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Le pape Chenouda III, actuel primat de l'Église copte orthodoxe, lors des cérémonies de Noël. Crédits photo : AFP

Sept personnes, dont six chrétiens, ont été abattues mercredi soir en Haute-Égypte.

Dans un pays secoué depuis des années par des troubles confessionnels, le sang des coptes a une nouvelle fois coulé, au moment où la minorité chrétienne (environ 8 % de la population) célébrait le Noël orthodoxe. L'attaque s'est déroulée mercredi à Nag Hammadi, une ville aux trois quarts chrétienne, à 80 km au nord de Louxor. D'après des témoins, trois hommes circulant en voiture ont ouvert le feu sur des fidèles qui sortaient de la principale église de la ville après la messe de minuit.

«Je me dirigeais vers l'évêché, lorsque j'ai vu un homme tirer à l'arme automatique sur tous les coptes qui passaient», a témoigné l'évêque Kyrillos, qui venait de célébrer la messe. Un agent de sécurité musulman et six fidèles ont été tués, plusieurs autres grièvement blessés. Selon l'évêque, de nombreux coptes de la ville ont été menacés ces derniers jours. Lui-même aurait reçu un SMS disant : «C'est ton tour». «Les églises auraient dû être mieux protégées», accuse-t-il.  


Un jeune copte blessé lors de l'attaque de Nag Hammadi. Crédits photo : AP

«Le silence du gouvernement»

Dans cette région connue pour sa tradition de târ, la vendetta, où crimes de sang et d'honneur sont fréquents, indépendamment de la question religieuse, l'attaque aurait été menée en représailles au viol présumé d'une musulmane de 12 ans par un chrétien dans un village proche de Nag Hammadi, en novembre. Après cette agression, des maisons et des pharmacies appartenant à des coptes avaient été incendiées. Tous les émeutiers ont été acquittés.

Selon une source sécuritaire, le principal assaillant de mercredi, présenté comme Mohammed Ahmed Hussein, un musulman de Nag Hammadi, est «un criminel connu des services de police» et l'attaque aurait eu lieu «dans une rue commerçante», et non devant l'église. Pour les autorités, qui cherchent systématiquement à minimiser la portée de ce genre d'agressions, assurant contre toute évidence qu'il n'y a pas «de problème confessionnel» en Égypte, l'affaire est entendue : c'est une «simple» vendetta.

Mais elle réveille des souvenirs douloureux : le massacre d'al-Kocheh (20 morts), près d'Assiout, où les coptes avaient été méthodiquement pourchassés dans les rues du village il y a dix ans presque jour pour jour ; ou les attaques visant des églises, à Alexandrie à plusieurs reprises ces dernières années, comme à Abou Korkas, près de Minîéh, où neuf jeunes fidèles ont été abattus en 1997. À cette époque, les Gama'at al- Islamiya, les groupes islamistes armés, faisaient régner la terreur dans cette région, l'une des plus pauvres d'Égypte. Plus encore, c'est la réaction des autorités qui insupporte les coptes. Plusieurs milliers d'entre eux ont manifesté leur colère jeudi à Nag Hammadi aux cris de «non à l'oppression», et affronté la police devant l'hôpital. «On ne peut pas nier qu'il y ait une dimension religieuse quand des fidèles sont visés devant une église», proteste l'un d'eux à la télévision.

Cette agression donne une résonance particulière à la création cette semaine d'un Comité national contre la violence sectaire, à l'initiative d'associations des droits de l'homme, de partis politiques et de personnalités égyptiennes. «L'Égypte a été le théâtre ces derniers temps d'une escalade sans précédent des violences visant des citoyens sur la base de leur seule identité chrétienne», expliquent ses fondateurs dans un communiqué. Selon eux, le «silence du gouvernement», le «laisser-faire des services de sécurité» et l'impunité des agresseurs, dont «aucun n'a jamais été condamné ni même jugé», peuvent être interprétés comme «une marque de soutien aux agresseurs».

http://www.lefigaro.fr/international/2010/01/08/01003-20100108ARTFIG00013-noel-sanglant-pour-les-coptes-egyptiens-.php

Manifestation le dimanche 17 Janvier 2010 devant Le ministère des Affaires étrangères et européennes   du 14H30 à 18H00

37, quai d'Orsay         75007 Paris        

Métro Les invalides (N° 08 et 13)

Pour tout renseignement : Téléphonez : 06 71 65 35 31

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