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Quel avenir
pour les Coptes ?
Église universelle - 19 février
2010
« Les Coptes, hier et
aujourd'hui » était l'intitulé de la conférence qui s'est tenue à
l'initiative de l'Œuvre d'Orient, à Paris, le 5 février. La soirée a mis
en lumière l'histoire de ce peuple et son ancrage en Égypte.
"En Égypte, les chrétiens sont aujourd'hui plus nombreux qu'il y a
cent ans ! Ils ne sont pas une minorité mais une identité intégrante de
la communauté égyptienne." Les propos de Christian Cannuyer sont plutôt
inattendus. Le 5 février dernier, à Paris, ce professeur à la Faculté de
Théologie catholique de Lille, également Directeur du Bulletin Solidarité-Orient,
et spécialiste de l'Égypte a tenu une conférence sur « Les Coptes, hier
et aujourd'hui » à l'initiative de l'Œuvre d'Orient.
Devant un auditoire venu en nombre, il s'est attaché à resituer certains
points d'histoire comme pour mieux mettre en relief les événements récents
qui ont touché les chrétiens d'Égypte. Si ce pays constitue aujourd'hui
l'épicentre de l'Islam sunnite, il abrite aussi une importante communauté
chrétienne, et notamment des Coptes. On les estime à quelque huit millions
pour plus de 80 millions d'habitants. La majorité d'entre eux sont des
Coptes orthodoxes
placés l'autorité du pape Shenouda III. "Les Coptes sont présents
dans toutes les couches sociales du pays, précise Christian Cannuyer. On
trouve des pharmaciens, des bijoutiers, mais aussi des pauvres, comme les
chiffonniers. Les Coptes correspondent à l'ensemble social du pays, ils
sont inscrits dans l'identité nationale du pays." Etymologiquement, le
terme « copte » (de l'arabe qoubt ; corruption du grec aiguptios)
fruit de nombreuses transformations linguistiques, désigne d'ailleurs les
Égyptiens.
Enseignement conforme à la
doctrine contenue dans la révélation.
Discriminations
croissantes
Les neuf blessés et les six
morts coptes lors d'une fusillade début janvier 2010 rappellent, parmi
d'autres événements, que la situation de ces hommes et ces femmes est
fragile. Une situation de fragilité et d'oppression qui n'a pas toujours été
le cas. "A partir de 640 et jusqu'à 945, l'Égypte copte tombe sous
l'empire musulman avec la conquête de Mahomet, des quatre premiers califes,
etc., explique Christian Cannuyer. Dans les premiers siècles, l'Islam n'est
pas coercitif et il n'y a pas de conversion forcée. Il existe à l'époque
des moments réels de fraternité entre chrétiens et musulmans." Les
choses se dégradent au XIIIe siècle sous Mamelouk et l'empire Ottoman à
partir de 1517. A partir de la moitié du XIXe siècle, un mouvement de
renouveau se fait ressentir au sein de l'Église. Des Coptes sont investis
dans la politique égyptienne, à l'image de Boutros Ghali Pasha, premier
ministre du pays en 1908. "A l'époque, le croissant de l'Islam
embrasse la croix copte, remarque le professeur à la Faculté de Théologie
catholique de Lille. L'arrivée au pouvoir de Anouar el-Sadate coïncide
avec la montée de l'islamisme face auquel l'Église se comporte avec
prudence pour éviter les situations conflictuelles et que le peuple chrétien
ne paie les pots cassés."
Aujourd'hui, la situation des coptes s'est profondément dégradée. Ils
n'ont pas accès aux hautes fonctions de l'État, sont exclus des carrières
universitaires, éprouvent de grandes difficultés à faire réparer leurs
églises. "L'Occident a aussi une part de responsabilité dans cette
crispation en inondant d'argent les mouvements islamistes", dénonce l'égyptologue.
Les nombreuses difficultés et discriminations posent ainsi la question de
la présence de cette communauté chrétienne en Égypte. "L'avenir des
chrétiens d'Orient met en jeu notre propre avenir, pointe Christian
Cannuyer. Si le monde arabe et musulman devient un bloc monolithique et non
plus multireligieux, un repli identitaire va s'opérer qui sera à terme
mortel."
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